Prédelle du retable de Fiesole

de Beato Angelico

La chaire de saint Pierre

Basilique Saint-Pierre de Rome

Une montée lente et longue

Palais du Vatican 

QU'EST-CE QU'UNE PROCÉDURE
DE BÉATIFICATION ?

Les procédures de l’Eglise pour les béatifications et les canonisations sont confiées à la Congrégation des Causes des Saints. Aller sur le site de la Congrégation.

 

Ces procédures sont minutieuses et rigoureuses, pour discerner la vérité dans le choix des exemples de sainteté à proposer aux fidèles.

 

Les normes actuelles sont principalement régies par la Constitution apostolique Divinus Perfectionis Magister de saint Jean-Paul II, publiée le 25 janvier 1983. Et par l’Instruction Sanctorum Mater « pour le déroulement des enquêtes diocésaines ou éparchiales regardant les causes des saints » publiée le 17 mai 2007.

 

Mais tout d’abord, qu’est-ce qu’un saint et qu’est-ce qu’un bienheureux ?

Un saint ou un bienheureux est un fidèle qui a vécu les vertus chrétiennes de manière héroïque, c’est-à-dire mieux que la moyenne des fidèles. Lorsque l’héroïcité de la pratique des vertus est reconnue par la Congrégation des Causes des Saints, elle déclare la personne vénérable. Si un miracle lui est attribué, elle peut être déclarée bienheureuse par le Saint Père. Un deuxième miracle advenu après la béatification est nécessaire pour la canonisation.

Le martyre est une autre voie vers la sainteté.

Et, depuis le 11 juillet 2018, par le Motu Proprio Majorem Hac Dilectionem, le pape François a ouvert une troisième voie : l’offrande de la vie, « libre et volontaire, avec l’acceptation d’une mort certaine et à court terme. » 

La Congrégation porte aussi la plus grande attention à la « réputation de sainteté » et à la « réputation de signes » du candidat à la canonisation. La réputation de sainteté est l’opinion, répandue parmi les fidèles quant à la pureté et à l’intégrité de sa vie et au degré héroïque de ses vertus.

La réputation de signes est l’opinion, répandue parmi les fidèles, selon laquelle Dieu concède des grâces et des faveurs par l’intercession du candidat.

Cette importance accordée à l’opinion des fidèles, repose sur une évidence : si Dieu souhaite voir une personne, morte en odeur de sainteté, être donnée en exemple aux fidèles, l’Esprit-Saint se manifestera. Il le fera par les grâces (voire les miracles) obtenues par son intercession et par le sentiment, largement répandu parmi les fidèles, que cette personne est sainte. Ce qui les amènent à l’invoquer ; et à constater qu’elle « répond » en obtenant des grâces. 

 

Dans le cas de l’exercice héroïque des vertus chrétiennes, au titre duquel la cause d’Anne-Gabrielle Caron a été engagée, la procédure est la suivante.

Une phase préparatoire s’ouvre par la déclaration d’un « acteur » qui prend la responsabilité d’engager les travaux nécessaires pour étudier et promouvoir la cause. L’acteur en informe l’évêque compétent et nomme un postulateur et un administrateur des biens de la cause, nominations confirmées par l’évêque.

Le postulateur identifie les personnes qu’il appellera à témoigner, tandis qu’une commission historique, dont les experts sont nommés par l’évêque, recueille les documents relatifs à la cause, pour en tirer un rapport sur la personnalité et la spiritualité de l’intéressé.

L’évêque nomme un juge délégué et un promoteur de justice. Le premier préside le procès diocésain et interroge les témoins ; le second a préparé le questionnaire d’interrogatoire des témoins et veille au respect des règles canoniques du procès. Tous deux s’appuient sur le rapport de la commission historique.

Lorsque ces travaux préparatoires sont achevés, l’évêque ouvre la procédure, moment solennel pour le diocèse : par le lancement de l’enquête diocésaine, officiellement, l’Eglise examine la sainteté d’un de ses membres, qui, dès lors, est appelé serviteur (ou servante) de Dieu.

Le procès consiste à recueillir le témoignage oral de personnes qui ont connu la servante de Dieu et sont en mesure d’illustrer sa pratique héroïque des vertus théologales de Foi, d’Espérance et de Charité, des vertus cardinales de force, de prudence, de justice, de tempérance et de l’humilité. L’identité et les dépositions des témoins sont tenues secrètes.

Les comptes rendus des audiences sont mis en forme puis remis à la Congrégation des Causes des Saints. La phase diocésaine est terminée. Elle a duré plusieurs années.

 

La Congrégation des Causes des Saints examine ensuite la régularité de la procédure diocésaine.

Puis un rapporteur de la Congrégation analyse les actes de l'enquête diocésaine pour rédiger la Positio super Vita, Virtutibus et Fama Sanctitatis où il expose les éléments qui permettront d'atteindre une certitude morale quant à la sainteté du serviteur de Dieu.

Et la cause intègre la file des dossiers qui attendent d’être présentés au congresso des experts théologiens puis à L'Assemblée ordinaire des cardinaux et évêques membres de la Congrégation, qui portent un jugement sur la cause et décident s’il y a lieu de la présenter au Pape. C'est lui qui peut alors déclarer vénérable le serviteur de Dieu, par un décret sur les vertus héroïques. Ces étapes durent plusieurs années.

Le cardinal Becciu, préfet de la Congrégation, a indiqué en décembre 2018 que ses priorités sont « les prêtres et les jeunes ».

C’est enfin le pape qui décide, quand toutes les conditions sont remplies, notamment les miracles validés, de béatifier les vénérables et de canoniser les bienheureux, cette dernière décision portant le sceau de l'infaillibilité.  

La procédure pour un miracle repose également sur une enquête, menée selon les mêmes procédures, dans le diocèse où est survenu le miracle. Des normes très rigoureuses sont appliquées pour la reconnaissance des guérisons miraculeuses.

 

Pour éviter les abus, le pape Urbain VIII décida en 1625, que les actes de culte public à un serviteur de Dieu non canonisé constitueraient un empêchement pour l’introduction de sa cause. Cette clause est toujours en vigueur. Un culte privé, qui consiste à demander l’intercession de la personne qu’on considère sainte, est donc possible ; et même souhaitable, pour la réputation de sainteté. Mais le culte public est interdit. Sont considérés comme actes de culte publics : placer la tombe du serviteur de Dieu sous l’autel où l’on célèbre l’Eucharistie ; lui dédier des églises ou des chapelles ; placer des images ou des tableaux du serviteur de Dieu dans des églises ou des chapelles ; le représenter avec l’auréole propre aux bienheureux ou avec la couronne propre aux saints ; placer sur sa tombe des ex voto ou d’autres symboles qui pourraient induire les fidèles en erreur ; conserver ses reliques parmi les reliques des bienheureux ou des saints.

Il n’est pas interdit de disposer des fleurs sur sa tombe, parce que ce sont des choses que l’on voit sur les tombes de n’importe quel défunt. Il est également autorisé de distribuer des photos ou des reproductions de tableaux avec des prières dûment autorisées par l’autorité compétente, pour demander en privé la béatification du serviteur de Dieu ou des grâces particulières, comme c’est le cas de la neuvaine approuvée par Monseigneur Rey.

Le cardinal Becciu

Association Anne-Gabrielle, un modèle pour la jeunesse

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