Association Anne-Gabrielle, un modèle pour la jeunesse

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En lisant ces passages ou en regardant ces vidéos, on pourrait penser qu’Anne-Gabrielle a parcouru un chemin exigeant, certes, mais plutôt serein. En réalité, elle a livré un véritable combat spirituel.

 

Angoisse et doutes

Elle réfléchit beaucoup et connaît parfois de grandes inquiétudes morales. Après sa récidive, début 2010, elle connaît une douloureuse période de désert spirituel. Elle peine à comprendre le sens de cette nouvelle épreuve. Un soir, elle annonce à sa mère : « Maman, je voudrais que la Sainte Vierge m’apparaisse. (…) - Parce que j’ai besoin que quelqu’un vienne me dire que le Bon Dieu est vraiment bon. »

Commence une période difficile, d’angoisses terribles, de doutes, qui la rendent très malheureuse. Sa mère lui raconte souvent que sainte Thérèse d’Avila, qui a connu aussi une nuit de la Foi, a acquis de grands mérites parce qu’elle voulait croire au-delà de toute Espérance. Le Christ lui avait dit que c’était à ce moment-là qu’elle Lui avait été la plus chère. Cela semble la rassurer un peu. Elle se demande parfois si le Bon Dieu existe vraiment : « Maman, quand je vois que si peu de gens croient en Dieu, je me demande s’Il existe vraiment. ». Une fois, quand sa mère évoque l’Amour divin et la vie éternelle, elle se laisse aller à exprimer son inquiétude : « J’espère que tout cela, c’est bien vrai ».

Elle révèle parfois de la lassitude face à ses souffrances et aux chocs que provoque en elle l’annonce de l’inefficacité des traitements. En juin 2010, comme les douleurs seront revenues et que, après avoir chanté un « Je vous salue Marie », sa mère prie la Sainte Vierge de leur donner la force d’accepter tout ce que le Bon Dieu leur demandera, elle l’interrompt : « Mais n’en faîtes pas trop quand même ! » Et comme sa mère lui suggère de dire, elle, sa prière, elle demande : « Notre Dame, j’accepte tout ce que le Bon Dieu me demandera mais j’aimerais que vous interveniez un peu plus. »

 

Peur de la lèpre

A cette lassitude morale et spirituelle, se mêle une crainte totalement inattendue. Anne-Gabrielle est terrifiée par la lèpre. Partant du principe que le Bon Dieu peut tout, elle redoute désormais qu’Il ne veuille, pour éprouver son amour, la transporter dans l’île aux lépreux qu’elle a découverte dans une vidéo. Cette peur ne la quittera pour ainsi dire pas pendant plusieurs mois. Régulièrement, elle interroge sa mère, cherchant à être rassurée : « Maman, est-ce que vous pensez que le Bon Dieu peut me transporter sur une île où il y a des lépreux ? (…) Est-ce que vous pensez qu’Il peut m’y envoyer, comme Il peut tout ? (…) Pour m’éprouver. (…) Mais Il peut tout ? (…) - Alors Il peut décider que c’est bon pour moi ; même si je ne le veux pas. »

 
 

Un rude combat spirituel

 

Quand, le 23 juin 2010, sa mère lui révèle qu’elle va vraisemblablement mourir, sa réaction est d’affolement et de refus. Elle s’écrie d’une voix rauque : « Non, non, je ne veux pas mourir, ce n’est pas possible ! » Elle est terrifiée. Elle va et vient dans la pièce, jetant des regards égarés dans tous les sens : « Papa, où est Papa ? Je veux voir Papa. » Elle se précipite dans ses bras et se blottit contre son père en pleurant doucement. Elle prend la main de sa mère et les tient ainsi tous les deux contre son cœur, répétant sans cesse : « Je ne veux pas vous quitter ». Ses parents lui parlent de la joie du Ciel et de ce que, étant en Dieu, elle sera toujours avec eux. Quelques heures plus tard, elle veut parler à sa mère : « Maman, je voudrais vous poser une question mais en même temps, j’ai peur que vous me disiez oui. (…) Est-ce que vous croyez vraiment que je vais mourir ? »  Sa mère lui explique alors qu’ils vont encore tenter un nouveau protocole, qu’ils peuvent demander un miracle à Dieu. Que le Bon Dieu fera ce qui est le mieux pour eux. Puis, en pleurant, elle demande pardon à sa fille de l’avoir blessée. Anne-Gabrielle la rassure alors : « Vous ne m’avez pas blessée, Maman. J’ai juste eu très peur. Mais maintenant, j’ai encore un peu peur mais je me dis que je serai avec le Bon Dieu. (…) Il y a quand même une chose qui me fait peur. Je suis trop petite pour mourir. Comment cela va se passer au Ciel ? (…) Le problème, c’est que je vous aime plus que tout. Je n’arrive pas à dire que j’aime le Bon Dieu plus que vous. »

Peur de la mort et acceptation de la volonté de Dieu

Et comme, à la fin de leur conversation, sa mère lui demande ce qu’elle demande à Dieu, elle répond sans hésiter : « De guérir. »

Sa mère lui donne alors pour mission, si la volonté de Dieu est de la rappeler quand même à Lui, de veiller sur eux tous et de les conduire au Ciel. Il faut que, comme sainte Thérèse, elle passe son Ciel à faire du bien sur la terre. Anne-Gabrielle avoue encore qu’elle a peur de mourir quand son père sera en mer. Sa mère la rassure sur ce point. Le soir même, la prière récitée, elle confie à sa mère qui la borde : « Maman, j’ai réfléchi. Si finalement les chimios ne marchent pas et que je meure, ce n’est pas grave. Mais si les médicaments ne marchent pas, je vais avoir très mal ? » Comme sa mère la rassure à nouveau, elle poursuit : « Le problème, c’est que je ne me sens pas prête du tout. (…) Je ne n’arrive pas à pardonner à X* (une petite fille avec laquelle elle avait eu différend quelques jours auparavant). Si elle avait été plus gentille, je crois que j’aurais pu mais, là, je n’y arrive pas. (…) Et puis je n’arrive pas à être moins impatiente. »

Elle s’inquiète alors de n’avoir rien à offrir au Bon Dieu. Sa mère lui dit alors que, puisqu’on ne peut pas choisir, elle n’a plus qu’à offrir sa vie. Si le Bon Dieu la prend, il en fera bon usage. Elle sourit devant l’évidence.