Association Anne-Gabrielle, un modèle pour la jeunesse

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La Foi

Au retour d’un séjour de ski organisé pour les enfants de l’hôpital, elle raconte tous les merveilleux moments passés quand son petit visage s’assombrit, d’un coup : « - Vous savez, dit-elle comme si elle révélait une horrible découverte, il y a de nombreux enfants qui ne croient pas en Dieu. Ils ont beaucoup parlé de cela à table. Ils disaient tous : « Moi, je ne crois pas en Dieu, pour moi, Dieu n’existe pas, moi je suis athée (c’est l’éducatrice qui m’a dit ce que cela voulait dire). Il y en a même un qui a dit : « Moi, je ne crois pas que Dieu existe. S’Il existait, je n’aurais pas cette maladie ». Elle poursuit d’une voix profonde, comme si elle revivait la scène : « Je leur ai dit que moi, je croyais en Dieu … Mais ils n’étaient pas d’accord. (…) Je leur ai alors juste dit : je vous plains ». Elle ajoute, comme pour elle-même : « Nous, on a vraiment de la chance d’avoir le Bon Dieu. Au moins, on peut Lui demander de nous aider et Lui offrir nos souffrances. »

Un après-midi d’avril 2010, Anne-Gabrielle demande à s’arrêter à Saint Flavien, l’église qui jouxte l’école où elle est scolarisée. Tandis que ses frère et sœurs s’agenouillent sur le premier banc devant le tabernacle, Anne-Gabrielle continue son chemin sans se retourner, comme si elle était seule au monde. Elle monte les trois marches du petit autel, s’agenouille, lève la tête et croise les mains sous son menton. Là, elle reste immobile pendant cinq bonnes minutes, le regard fixé sur la statue du Sacré-Cœur au-dessus de l’autel. Celui-ci tend la main droite tandis qu’il montre son cœur de la main gauche.    

Avec une étonnante simplicité, pleine de confiance, elle prie, seule au monde, sans même sembler entendre les chahuts de ses frère et sœurs, ni se rendre compte qu’elle n’est pas seule dans l’église. Elle est seule avec Jésus, paraissant lui parler comme s’Il était là. Elle est toute tendue vers Lui, sans respect humain, sans souci qu’on la voie – ce qui est d’autant surprenant qu’elle déteste profondément qu’on la remarque ou qu’on parle d’elle.

C’est un fascinant cœur à cœur avec le Christ, dans une prière à la fois intense et si naturelle, comme une sorte de conversation confiante. Elle semble parler au Christ comme avec une personne très chère, comme avec un être aimé. Au bout d’un moment, elle fait son signe de croix très lentement, se relève le plus naturellement du monde, descend les marches en boitant et dit très simplement à sa mère : « Quand je vois le Christ, j’ai l’impression qu’il nous dit : « Moi, je vous comble de grâces et vous, vous m’humiliez ».         

Puis, spontanément, elle prend la main de Blanche pour sortir de l’église. Sa mère est surprise du verbe « humilier » qu’elle n’emploie jamais.