Association Anne-Gabrielle, un modèle pour la jeunesse

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la charité

Anne-Gabrielle a donné à ses parents beaucoup de petits dessins ou de messages où elle leur disait son amour pour eux. Loin de la refermer sur elle-même, sa maladie, acceptée et offerte de façon rédemptrice, a développé sa charité qui s’exprimait pour les siens, et ses parents au premier chef.

A l’hôpital, c’est toujours dans sa chambre que l’on hospitalise les petits enfants atteints de progeria, cette maladie qui provoque un vieillissement accéléré et déforme leur visage. Les infirmières ont dit à ses parents : « on sait qu’elle, au moins, les accueillera bien ». Parfois, elle aussi, pourtant, a un peu peur devant leur aspect. Cependant elle prie dans le silence de son âme son Ange Gardien de lui donner du courage. Elle sourit alors à l’enfant qui entre dans sa chambre, sans rien montrer de sa crainte car, pour rien au monde, elle ne voudrait lui rajouter de la peine. Au contraire, surmontant sa répulsion, elle lui offre une place à côté d’elle sur son lit et joue avec lui toute la journée. Elle lui offre ses gâteaux et cherche par tous les moyens à lui faire plaisir avec une telle générosité que, parfois, ses parents doivent calmer son ardeur.

Parallèlement, consciente que son aspect extérieur (elle a perdu ses cheveux) peut inquiéter les petits enfants qui viennent chez elle, elle leur demande toujours la permission d’enlever son bandeau avant de le faire. Elle explique gentiment : « Tu comprends, à cause de ma maladie, j’ai des médicaments très forts qui ont fait tomber mes cheveux. Est-ce que cela t’ennuie que j’enlève mon bandeau ? » La plupart du temps, les enfants acceptent sans rechigner et ne font jamais aucun commentaire. Un jour, pourtant, quelques semaines avant sa mort, un enfant refusera qu’elle enlève son bandeau. C’est l’été ; il fait une chaleur épouvantable et Anne-Gabrielle transpire d’autant plus que la maladie crée un foyer inflammatoire dans son crâne. Le bandeau est trempé. Elle ne s’en offusque pourtant pas et refuse de l’enlever malgré les objurgations de sa mère : « Vous comprenez, il va avoir peur».

Le matin du 12 juillet 2010, Anne-Gabrielle va plutôt bien. Installée dans la salle à manger, elle a même commencé un bracelet sur son métier à tisser des perles. Malheureusement sa mère se prend les pieds dans le fil de la perfusion, arrachant l’aiguille de sa voie centrale. Il est impératif de la replanter sans attendre, à vif. Anne-Gabrielle accepte sans hésiter, tout en précisant : « Oui, mais on demande au Bon Dieu de m’aider. »

Quand sa mère replante l’aiguille, de la taille d’un clou, elle reste impassible. C’est avec le même courage qu’elle laisse l’infirmière, appelée en urgence, changer l’aiguille sans anesthésie, à nouveau. Elle se laisse faire docilement, comptant calmement jusqu’à trois. Ses yeux seuls expriment la peur qu’elle éprouve devant la douleur qu’elle sait inévitable. Elle n’émet pas une plainte quand l’aiguille s’enfonce dans sa chair. L’infirmière repartie, sa mère reste choquée par sa maladresse qui rajoute des douleurs à cette enfant qui souffre déjà tant. Elle s’en veut atrocement, vaquant à ses occupations les larmes aux yeux. Anne-Gabrielle, choquée par l’incident, n’a plus le courage de bricoler. Elle se repose sur le matelas, observant sa mère s’affairer. Au bout d’un moment, elle l’appelle : « Maman, j’ai quelque chose à vous dire. »

Sa mère s’approche, s’asseyant sur le matelas près d’elle. Elle lui entoure alors le cou de ses bras et lui dit avec douceur : « Maman, je ne vous en veux pas du tout de m’avoir arraché l’aiguille mais je vous en voudrai si vous vous en voulez. »